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jeudi 11 octobre 2018 à 10h

Projection / réflexion

Paulette Sarcey-Slifke dans Cité de la Muette

La parole du témoin, le cas de Paulette Sarcey-Slifke dans Cité de la Muette (1986)

En partenariat avec la DILCRAH

Pour la réalisation de Cité de la Muette, premier documentaire consacré à l'histoire et à la mémoire du camp de Drancy, Jean-Patrick Lebel a interrogé longuement Paulette Sarcey-Slifke. Son témoignage in extenso - d'une durée de 2 h 45 - est exceptionnel, tant pour les informations livrées que par la précision de ses souvenirs, son goût de l'exactitude et son sens du récit.

Après avoir montré de larges extraits de cet entretien, nous répondrons collectivement à cette double interrogation et à cette double nécessité : comment cerner historiquement les évolutions de la parole d'un témoin ? Comment transmettre cette parole irremplaçable à l'heure où disparaissent les tous derniers témoins du plus grand génocide du XXe siècle ?

Séance animée par Tangui Perron (historien responsable du Patrimoine audiovisuel à Périphérie).

Entrée libre

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/64339
Source : http://www.peripherie.asso.fr/les-ateliers-de…
Source : message reçu le 27 septembre 12h


Paulette Sliwka

Paulette Sliwka (ou Szlifke) naît à Paris, en 1924, de parents immigrés juifs polonais. Son père avait fui les persécutions et la répression syndicale et politique contre les militants d'extrême gauche, en Pologne. Tout en fréquentant l'école de la République, elle participe, dès l'âge de six ans, aux patronages juifs progressistes, dans le cadre de la MOI (l'organisation de la Main d'oeuvre immigrée, fondée par le PCF dans les années trente). Elle y contracte des amitiés durables (Roger Trugnan).

À partir de l'Occupation, en 1940, elle est contactée par une responsable des patronages et entre dans la clandestinité, manifeste dans Paris, comme le 14 juillet 1941, puis s'engage dans un groupe de trois, dont le responsable politique est Henri Krasucki [1], en rapports avec les Jeunesses et le Parti communistes. Elle est responsable du matériel, c'est-à-dire qu'avec ses deux camarades, ils préparent des papillons, jettent des tracts sur les marchés (du 20ème arrondissement), à l'entrée et à l'intérieur des cinémas de quartier, et dans l'organisation des FTP-MOI (les Francs-tireurs et Partisans-Main d'oeuvre immigrée), ils organisent la destruction d'un poteau indicateur, rédigé en allemand, place Martin Nadaud, dans le 20ème.

À la suite d'une dénonciation [2], elle est filée, dès le 18 février 1943, par des inspecteurs de la Brigade spéciale [3] de la Préfecture de police de Paris, arrêtée le 23 mars et amenée au commissariat de la rue du Surmelin. Elle est tabassée puis conduite à l'hôpital Rothschild (12ème arrondissement) où elle subit une opération de l'appendicite purement " stratégique ".

57 jeunes sont arrêtés dans cette affaire. En mai, elle est transférée dans le camp de Drancy, où elle retrouve ses camarades Henry Krasucki, Sam Radzynski et sa compagne, Rita Kurchand. Ils tentent quelques actions collectives comme chanter "La Marseillaise", préparer matériellement et politiquement la déportation : " rester ensemble ". Ils sont déportés à Auschwitz- Birkenau, par le convoi 55, le 23 juin 1943.
DVD (5) : CNRD La répression de la Résistance en France : des résistants déportés témoignent

Le livre de Paulette Sarcey, Paula, survivre obstinément, nous a permis, à partir de l'exemple d'une femme résistante (FTP-MOI), et déportée comme juive le 23 juin1943 à Auschwitz-Birkenau, de suivre les différents Kommandos de travail dans lesquels elle a été affectée, avant même la fin de la quarantaine - ou réussi à se faire affecter - avec ses camarades de déportation, tous Juifs résistants.
Elle décrit l'Aussenkommando (Kdo extérieur), avec son travail d'assainissement par assèchement des marais à Birkenau, utilisant pelles et pioches, tragues voir Vocabulaire des camps, dans la boue et le froid, contrainte qu'elle est d'enlever ses sabots de bois pour travailler nu-pieds. Puis elle est affectée au Kanada II dont elle explique toutes les ressources qu'il pouvait procurer aux déportés, mais elle relate aussi l'assassinat de Rita Kurchand Amie de Sam Radzynski (de son même groupe FTP-MOI), chargée du pliage des chemises, accusée de sabotage, emmenée au Bunker de la mort à Auschwitz I. Elle travaille ensuite à l'atelier-usine de tissage de la Weberei, puis au Revier de l'ancien camp des Tsiganes où elle intervient dans la baraque des enfants, et enfin à l'usine de la DAW (Deutscher Aufrustungswerk [4] ) à Auschwitz I (armement Krupp). Elle témoigne de façon originale de l'action collective et solidaire des déportés de son convoi.

Marie Paule Hervieu

Paulette Sarcey, Karen Taieb, Paula, survivre obstinément, Tallandier, 2015

Paulette fait les Marches de la mort depuis Auschwitz jusqu'à un train de plates-formes ouvertes, couvertes de neige. "Et ce train nous emmène, à Ravensbrück, un camp de femmes, où ils ont dressé une tente immense pour recevoir les femmes qui viennent de l'Est, qui sont couchées sur de la paille où il y a de la vermine, des excréments, des mortes, des vivantes ». « Nous sommes restées à Ravensbrück huit jours, je crois, où nous avons retrouvé nos compagnes françaises, dont quelqu'un de très proche pour moi, Marie-Claude Vaillant-Couturier.

Source : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article48…

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