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mercredi 30 mars 2016 à 15h

2 parties : 1 2

Assemblée des enseignants et chercheurs précaires

Université Paris-8 Saint-Denis

Création d'un collectif précaires université - première réunion le 30/3 à Paris 8 à 15h

La loi Travail veut institutionnaliser la précarité, donner les pleins pouvoirs au patronat, isoler les travailleur.se.s et empêcher la contestation des injustices et des inégalités.

Les docteur.e.s non-titulaires et les doctorant.e.s des universités françaises sont quotidiennement confronté.e.s à cette précarité, à cette exploitation et à cet isolement. Elles et ils vivent souvent sans contrat de travail, sont payé.e.s des mois après la fin de leur mission, ont parfois des charges de cours annulées au dernier moment, sont soumis.e.s à des statuts multiples, sont sans perspective de stabilisation, font souvent « le sale boulot » pour leur laboratoire ou leur département de rattachement, etc.

Cette situation est collective. C'est un système organisé et généralisé de gestion d'une main-d'œuvre précaire sous pression et soumise à de la promesse de titularisation. Si chaque situation peut paraître différente, nous partageons tou.te.s une même réalité : celle de la précarité universitaire. En définitive, les doctorant.e.s et docteur.e.s non-titulaires expérimentent ce que la loi travail prépare pour l'ensemble du salariat. C'est pourquoi nous nous joignons aujourd'hui au mouvement contre ce texte.

Discutons des revendications à porter et des actions à mener ensemble !

Le respect de nos droits fondamentaux de travailleur.se.s :

Mensualisation immédiate des salaires des vacataires, accès à la prime de précarité, droit au chômage et au

RSA pour tou.te.s, augmentation de la rémunération horaire des vacataires, exonération des frais d'inscription (qui revient à devoir payer notre propre employeur), transparence sur les ouvertures de postes afin de combattre les logiques d'entre-soi, application de la loi Sauvadet sur les titularisations.

Un statut pour les non-titulaires de l'enseignement supérieur et de la recherche :

Au delà de ces mesure d'urgence, il est nécessaire de réfléchir à un nouveau statut d'enseignante non- titulaire pour empêcher la précarisation.

Renouer avec un projet émancipateur pour les travailleur.se.s et l'ESR :

Cela signifie reposer la question de la gratuité de l'entrée à l'Université pour tou.te.s, s'opposer à l'évaluation systématique des enseignantes- chercheur.e.s, rejeter le projet de réforme du doctorat qui relègue la recherche au second plan, repenser enfin l'Université que nous voulons.

Les enseignant.e.s et chercheur.e.s non-titulaires sont des enseignant.e.s et chercheur.e.s à part entière!

C'est maintenant ou jamais !

Précaires de l'enseignement supérieur et de la recherches, unissons-nous !

Assemblée des enseignant.e.s et chercheur.e.s precaires à l'Université Paris 8
30 mars 2016, 15h
rendez-vous dans le hall

Pour nous contacter :
contacext@precaireseexsr.fr

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/46235
Source : liste de diffusion CIP-IDF, reçu le 29 mars 00h
Source : message reçu sur Prep.Coord.Nat le 28 mars 19h


Collectif des Jeunes Universitaires d'Ile-de-France,

AG des précaires du supérieur

Trois fractures qui travaillaient en profondeur la société française ont fait surface à l'occasion du mouvement soudain et massif contre la « loi Travail ».

La plus évidente est une fissuration du bloc historique néo-libéral.

On se rappelle la manière dont l'alliance entre le salariat du secteur public, la classe moyenne intellectuelle et les milieux populaires, alliance qui conduisit la gauche à la victoire électorale de 1981, s'est progressivement désagrégée au milieu des années 1980. On vit alors se constituer un nouveau bloc hégémonique rassemblant le système économique néo-libéral moderne et les représentations qui lui sont liées, représentations théorisées et instillées par le néo-management. L'emprise fut telle qu'au plus profond de la gauche, la mise en concurrence généralisée des individus, des structures et des territoires, la mise à bas de l'Etat providence, de l'Hôpital, de l'Ecole, de l'Université apparurent comme les terrains d'une "modernisation nécessaire". Si le démontage social et démocratique a un temps été porté par le consentement et l'idéologie insidieuse de coproduction des "réformes", la classe moyenne qui fournissait au néo-libéralisme son assise sociale est en passe, maintenant, de faire défection. Attaquée économiquement et socialement dans son essence, elle se détourne à présent des valeurs qu'elle a un moment glorifiées.

La seconde fracture est générationnelle.

Les babyboomers sont devenus adultes pendant les trente glorieuses, période marquée économiquement par une forte croissance, par une idéologie orientée vers la consommation et par une ascension sociale facilitée. Est-ce lié au fait que la génération précédente avait connu la honte de la guerre ? Les babyboomers ont accédé rapidement aux responsabilités et n'ont plus quitté le pouvoir depuis. Pour ce faire, ils n'ont eu de cesse d'auto-célébrer l'hédonisme conquis pendant leur jeunesse et de dénigrer les générations suivantes, la "Bof" génération et la génération "Bataclan", supposées incapables d'élans vitaux, de pensée politique, de toute prise de responsabilité, et maintenues dans un état d'adolescence avancé. Ces générations - la "Bof" et la "Bataclan" - ont été et sont celles du « niveau qui baisse », du bac dévalué (qui ne saurait plus constituer le rite initiatique donnant accès à l'âge adulte), de la déresponsabilisation (à l'Université comme ailleurs), de la dépossession. Or, chaque génération a le droit et le devoir d'exercer le pouvoir pour modeler la vie qu'elle a, elle, devant soi, de prendre des risques, de construire de nouvelles valeurs, de nouvelles utopies, fussent-elles éloignées de celles de la génération précédente.

En un mot, le droit et le devoir d'accoucher d'elle-même.

Les babyboomers sont pleinement comptables du monde qu'ils ont contribué à construire pendant les trente années d'hégémonie néo-libérale, monde qui fait leur fierté. Comment les gérontes du moment pourraient-ils, dans ces conditions, prétendre à gouverner encore, prenant des décisions dont ils ne vivront pas les conséquences ?

La troisième caractéristique de la crise globale que nous traversons

se manifeste par un décalage entre les camps politiques ou de manière plus large, les structures d'organisation, et les valeurs, l'idéologie qu'ils sont censés véhiculer. Ce décalage ne se fait jour que lorsque les représentations culturelles dominantes ne permettent plus l'adhésion aux politiques menées. Or, la "République des Communicants" et sa pratique de la triangulation n'abusent plus personne et la "raison économique" se fait mythologie. Le décalage est devenu une béance.

Et comment ne pas constater que l'absence d'adhésion à la ligne politique poursuivie continûment par-delà les alternances induit un danger supplémentaire : la tentation autoritaire, perceptible dans l'amoncellement de lois sécuritaires, dans l'utilisation quotidienne de la peur comme moyen de gouvernement, dans la promotion de l'homme providentiel, dans la nostalgie du leader charismatique et rédempteur - je suis le sage, le juste, le miséricordieux.

Cette crise générationnelle et systémique débouchera inéluctablement sur un monde nouveau. Il ne tient qu'à nous qu'il soit conforme à nos vœux et aux intérêts du plus grand nombre. Il nous appartient - à nous, et non à ceux qui l'ont conduit là où il est- de construire le monde. Ça nous regarde.

Aussi, le 31 mars, nous manifesterons, mais nous ne rentrerons pas chez nous.

Collectif des Jeunes Universitaires d'Ile-de-France

AG des précaires du supérieur : mercredi 30 mars à 15h à l'Université Paris 8

Source : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?ar...