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mardi 13 octobre 2009 à 19h30

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Soirée d’information et de débat sur la situation et  les luttes des

Peuples autochtones en Argentine

CALPA organise le mardi 13 octobre une soirée d’information et de débat pour faire connaitre la situation et  les luttes des peuples autochtones en Argentine, et en particulier du peuple Mapuche autour du film de Fausta Quattrini Nacion Mapuce.

  • Miglior Documentario Italiano 25º TORINO FILM FESTIVAL 2007
  • Mejor Documental 2° FESTIVAL DE CINE DE LOS PUEBLOS DEL SUR DE VENEZUELA 2008
  • Mejor Documental 6º FESTIVAL DE CINE LATINOAMERICANO DE BUENOS AIRES 2008
  • Nominé aux prix CONDOR DE PLATA Argentino 2009 –

Dans le cadre de la Semaine de solidarité avec les peuples autochtones organisée du 10 au 17 septembre à Paris par CAL, le Collectif Amérique Latine Caraïbe regroupant les associations France Amérique Latine et de nombreuses Associations latino américaines des différents pays du continent.

Lors du Forum Social Mondial de BELEM de 2009, les organisations indigènes présentes au Forum ont lancé un appel à la mobilisation mondiale du 12 octobre au 17 octobre. Cette semaine a pour mot d’ordre : « Mobilisation Globale de lutte pour la terre mère et contre la Marchandisation de la Vie ». C’est un appel lancé aux peuples du monde à prendre d’urgence des mesures énergiques pour changer le modèle de développement qui menace de détruire la vie sur la planète. Le 12 octobre, marque le début de la conquête des Amériques et de cinq siècles de luttes et de résistances des peuples autochtones. Au fil des années, c'est devenu l'occasion d'un hommage à ceux qui ont souffert des conséquences de la conquête et du colonialisme européen et un moment fort pour les peuples autochtones pour affirmer leurs Droits et territoires.

http://www.calpa-paris.org

Source : message reçu le 29 septembre 16h
Source : http://colombieparis.e-monsite.com/agenda-voi...


Soirée débat autour du Film Nacion Mapuce

dans le cadre de la semaine de Solidarité avec les peuples autochtones d'Amérique

Mardi 13 Octobre à 19 heures 30

CALPA organise le mardi 13 octobre une soirée d’information et de débat pour faire connaitre la situation des peuples autochtones en Argentine, et en particulier du peuple Mapuche autour du film de Fausta Quattrini Nacion Mapuce. (voir plus bas)

Cette soirée s’inscrit dans la semaine de solidarité organisée du 10 au 17 septembre à Paris par CAL, le Collectif Amérique Latine Caraïbe regroupant les associations France Amérique Latine et de nombreuses Associations latino américaines des différents pays du continent.

Cette semaine soutient la Déclaration de Abya Yala du 31 mai 2009

Abya Yala est le nom choisi en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci. L’expression « Abya Yala » vient de la langue des Kunas, un peuple indigène de Panama qui utilise cette expression pour nommer l’Amérique. Les mots signifient « terre dans sa pleine maturité ». Le leader indigène aymara Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. »

IVème Sommet des peuples de Abya Yala - Déclaration de Mama Quta Titikaka

Presque sept mille participants indigènes au 4ème Sommet des peuples indigènes de l’Abya Yala ont rédigé 17 accords dans la Déclaration de Mama Quta Titikaka réalisée au cours d’ateliers de travail pendant cinq jours.

Parmi les accords les plus importants, les participants ont décidé de “reconstituer nos territoires ancestraux qui sont la source de notre identité, de notre spiritualité, de notre histoire et de notre futur”. “Peuples et territoires, nous formons un tout indissociable”, ont-ils déclaré. Il a été décidé d’organiser un Sommet alternatif en défense de la Mère Terre, pendant la Convention du Changement Climatique de Copenhague, en décembre 2009.

“Nous refusons les Traités de libre échange (TLC) entre les Etats-Unis, l’Europe, le Canada, la Chine ou autres pays, et nos économies fragilisées, car ces traités sont de nouvelles chaînes qui assujettissent les peuples et saccagent la Mère Terre”, ont-ils précisé. C’est ainsi qu’ils ont protesté contre les négociations entre l’Union Européenne et les gouvernements du Pérou et de Colombie, qu’ils ont qualifiées de « manoeuvres pour détruire la Communauté andine et pour imposer le TLC ».

Mama Quta Titikaka, 31 mai 2009

Déclaration de Mama Quta Titikaka 4ème Sommet des peuples de Abya Yaya Du 12 au 16 octobre : mobilisation générale en défense de la Mère Terre et des peuples

Réunis sur la grande Pakarina du Lac Mama Qota Titikaka, nous, les 6500 délégués des organisations représentatives des peuples indigènes originaires de 22 pays du Abya Yala et des peuples frères d’Afrique, des Etats- Unis, du Canada, du Cercle Polaire et d’autres parties du monde, avec la participation de 500 observateurs de divers mouvements sociaux, nous déclarons nécessaire ce qui suit :

Proclamer que nous assistons à une profonde crise de la civilisation occidentale dans laquelle se superposent la crise environnementale, la crise énergétique, la crise culturelle, l’exclusion sociale, les famines, qui sont autant d’expressions de l’échec de l’eurocentrisme et de la modernité colonialiste née de l’ethnocide, et qui conduit désormais l’humanité entière au sacrifice.

Offrir une alternative de vie à la civilisation de la mort, en réunissant nos racines pour nous projeter vers le futur, avec nos principes et pratiques d’équilibre entre les hommes, les femmes, la Mère Terre, nos spiritualités, nos cultures et nos peuples, bref, tout ce que nous appelons le Bien Vivre. Des milliers de civilisations avec plus de 40 mille années d’histoire ont été envahies et colonisées par ceux qui, à peine cinq siècles après, nous conduisent au suicide planétaire.

Défendre la souveraineté alimentaire, en donnant la priorité aux agricultures originaires, à la consommation locale et aux économies communautaires.

Mandater nos organisations pour qu’elles approfondissent nos stratégies du Bien Vivre et qu’elles les mettent en pratique dans nos gouvernements communautaires.

Construire des Etats Plurinationaux Communautaires, qui se basent sur l’autogouvernement, la libre détermination des peuples, la reconstitution des territoires et des nations originaires, avec des systèmes législatifs, judiciaires, électoraux et des politiques publiques interculturelles, ainsi qu’une représentation politique et des peuples sans médiation de partis politiques.

Lutter pour de nouvelles constitutions dans les pays où la pluri nationalité n’est pas encore reconnue.

Créer des Etats plurinationaux non seulement pour les peuples indigènes, mais aussi pour tous les exclus. Tout pour tous sur le continent américain !

Faire appel aux mouvements sociaux et acteurs sociaux pour un dialogue interculturel, respectueux et horizontal, qui dépasse les verticalismes et le manque de transparence.

Rétablir nos territoires ancestraux qui sont la source de notre identité, de notre spiritualité, de notre histoire et de notre futur. Peuples et territoires, nous formons un tout indissociable.

Refuser toutes les formes de parcellisation, privatisation, concession, déprédation et pollution provoquées par les industries extractives.

Exiger la consultation et l’autorisation préalable, libre et informée, publique, en langue locale, de bonne foi, par le biais des organisations représentatives de nos peuples, non seulement des projets, mais aussi de toute la politique et des normes de développement national.

Exiger la dépénalisation de la feuille de coca.

Ratifier l’organisation, du 12 au 16 octobre, de la Minga – Mobilisation générale en défense de la Mère Terre et des peuples, contre la marchandisation de la vie (terres, bois, eau, mers, agro-combustibles, dette externe), contre la pollution (transnationales extractives, institutions financières internationales, transgéniques, pesticides, consommation toxique) et contre la criminalisation de mouvements indigènes et sociaux.

Fonder un Tribunal de justice climatique pour juger les entreprises transnationales et les gouvernements complices qui détruisent la Mère Nature, qui pillent nos biens naturels et affaiblissent nos droits, afinde faire un premier pas vers une future Cour internationale des délits environnementaux.

Organiser, pendant la Convention du changement climatique de Copenhague en décembre 2009, un sommet alternatif en défense de la Mère Terre pour faire pression afin d’obtenir des mesures efficaces contre l’hécatombe climatique, telles que la consolidation des territoires indigènes, le bien vivre, la consultation et l’autorisation préalable, seules stratégies valables pour sauver la planète.

S’opposer à la criminalisation de l’exercice de nos droits, à la militarisation, à l’existence de bases étrangères, aux déplacements forcés et aux génocides des nos peuples, grâce à des alliances et à une large mobilisation pour l’amnistie de tous nos dirigeants condamnés et emprisonnés, particulièrement celle des combattants de la liberté et de la vie qui se trouvent en devant la Commission interaméricaine de droits humains et devant le comité d’éradication de la discrimination raciale de l’ONU.

Réclamer le procès international des gouvernements de Colombie, du Pérou et du Chili :
-  du gouvernement d’Alvaro Uribe Vélez pour le génocide des peuples indigènes colombiens,
-  de l’Etat chilien pour l’application de la loi anti-terroriste, les poursuites judiciaires contre les revendications des mapuches, les crimes contre les dirigeants mapuches et la militarisation du wallmapu,
-  d’Alan Garcia pour l’auto coup d’état législatif constitué par les 102 décrets en faveur du Traité de Libre Echange, pour la privatisation des territoires indigènes et pour les milliers de dirigeants persécutés et condamnés.

Exercer nos droits, et exiger que soit donné le statut de Loi Nationale à la Déclaration sur les Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, suivant en cela l’exemple de la Bolivie, de l’Australie, du Mexique, du Venezuela, entre autres. Que soit inclus le droit à la communication des peuples indigènes. Si Barack Obama veut faire des changements dans le désastre impérial, il doit commencer par sa propre maison, et approuver comme loi des Etats-Unis, la Déclaration de l’ONU sur les peuples indigènes.

Mobiliser nos organisations en défense de la lutte des peuples indigènes de l’Amazonie péruvienne contre les normes de privatisation de leurs territoires et des biens naturels. Leur lutte est la nôtre.

Organiser dans la première semaine de juin des permanences devant les ambassades du Pérou dans chaque pays, en exigeant une solution et l’arrêt de la répression contre nos frères. Dans ce but, nous, organisations indigènes et paysannes du Pérou, nous convenons d’un soulèvement national immédiat des peuples du Pérou en juin 2009 pour l’abrogation des décrets anti-indigènes consécutifs au Traité de Libre Echange avec les Etats-Unis.

Repousser les Traités de Libre Echange (TLC) entre les Etats-Unis, l’Europe, le Canada, la Chine ou autres pays, et nos économies fragilisées, car ces traités sont de nouvelles chaînes qui assujettissent les peuples et saccagent la Mère Terre. Nous dénonçons les manoeuvres de l’Union européenne, en accord avec les dictateurs du Pérou et de Colombie, pour détruire la Communauté andine et pour imposer le TLC.

Mobiliser nos organisations et les mouvements sociaux de nos pays en défense du processus de décolonisation initié en Bolivie, repousser les tentatives de coups d’Etat, les mouvements séparatistes, racistes et magnicides de l’oligarchie locale et de l’empire nord-américain. Dénoncer les asiles politiques accordés par le gouvernement péruvien aux génocides boliviens. Dans ce but nous décidons de réaliser le 5ème Sommet des peuples indigènes de l’Abya Yala en 2011 dans le Qollasuyu en Bolivie.

Renforcer nos propres systèmes d’éducation interculturelle bilingue et de santé indigène pour avancer vers la décolonisation du savoir, et en particulier, arrêter le bio piratage, en défendant le statut spécial, à caractère collectif et intergénérationnel, du patrimoine intellectuel des peuples indigènes.

Soutenir la lutte des peuples du monde contre les pouvoirs impériaux, ce qui inclut l’arrêt du blocus de Cuba, la sortie d’Israël des territoires palestiniens, les droits collectifs des peuples Masai, Mohawk, Shoshoni, Same, Kurde, Catalan, Basque, entre autres.

Construire des modèles de vie alternatifs à la crise de la civilisation occidentale et à sa modernité coloniale, grâce à un Forum sur la crise de la civilisation occidentale, la décolonisation, le Bien Vivre, entre autres thèmes, qui se réalisera à Cuzco, du 26 au 28 mars 2010.

Mondialiser nos luttes grâce à la réalisation du 1er Sommet de communication indigène en 2011 à Cauca en Colombie, du 1er Sommet indigène de l’eau, du Sommet des porte paroles indigènes , et du 2ème Sommet continental de femmes indigènes en 2011 dans le cadre du 5ème Sommet des peuples indigènes.

Constituer la Coordination des peuples et des nationalités indigènes de l’Abya Yala, en continuité du processus de construction de bas en haut, en organisant des commissions de femmes, d’adolescents, d’enfants, de jeunes et de porte paroles indigènes, et construire en particulier une articulation régionale en Amérique du Nord. Que la coordination de l’Abya Yala surveille l’Organisation des Etats américains et l’Organisation des Nations Unies, pour contrer sa subordination au pouvoir impérial et, si cela s’avère impossible, qu’elle construise l’Organisation des Nations Unies de l’Abya Yala et du monde.

La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui lui appartenons ! Que le condor et l’aigle volent de nouveau ensemble ! Mama Quta Titikaka 31 mai 2009

Les Mapuches seraient environ 200 000 à vivre en Argentine, répartis principalement sur la province du Neuquén, mais aussi sur celles de Río Negro et de Chubut et 600.000 au Chili.

La langue du peuple Mapuce est le Mapudungun

Projection de LA NACION MAPUCE de Fausta Quattrini

avec Daniele Incalcaterra en co-production avec Fondazione la fabbrica et Repubblica e Cantone Ticino

- Avec la participation de la Confédération Mapuche de Neuquèn et les communautés -

– Miglior Documentario Italiano 25º TORINO FILM FESTIVAL 2007

– Mejor Documental 2° FESTIVAL DE CINE DE LOS PUEBLOS DEL SUR DE VENEZUELA 2008

– Mejor Documental 6º FESTIVAL DE CINE LATINOAMERICANO DE BUENOS AIRES 2008

– Nominé aux prix CONDOR DE PLATA Argentino 2009 –

Synopsis Aujourd’hui comme hier, la Conquête de la Patagonie avance selon la vieille logique Occidentale du bénéfice maximal tiré de l’exploitation des ressources naturelles : : réserves hydriques, minérales, pétrolières et toute la biodiversité caractéristique des immenses surfaces de cette région.

Les Mapuche -Gens de la terre- sont un Peuple Originaire de la Patagonie, dépositaires d’une tradition orale très ancienne. Pour eux le territoire n’est pas un ‘attribut’ mais c’est un élément constitutif de leur identité. Pour cette raison, ils luttent pour que l’Etat Argentin respecte sa propre Constitution, qui stipule, dès 1994, "(…) le droit ancestral des peuples originaires à la terre qu’ils occupent traditionnellement…".

Le film se fait écho des questions que (nous) posent les Mapuche et qui nous concernent en tant qu’occidentaux, aussi : quels liens unissent des gens qui se considèrent appartenant à un peuple, à une nation recherchant son autonomie ? Comment faire valoir ses droits ancestraux à la terre ?

Des questions qui alimentent la réflexion sur des concepts fondamentaux comme “égalité” et “propriété privée”, concepts soutenus par ‘notre’ Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Le contexte En 1877, le nouvel état argentin organisa la solution au problème des “frontières internes” avec une méticulosité anglo-saxonne, comme apparaît dans la déclaration du jeune général Julio Argentino Roca, Ministre de Guerre, faite devant l’Assemblée Nationale à Buenos Aires :

“ L’ancien système des occupations par étapes visant la conquête du désert, système qui nous oblige à disséminer notre armée de terre sur un territoire excessivement vaste, ouvert à toutes les incursions des sauvages, s’est démontré impuissant pour garantir la vie et les biens des colons de la frontière, menacés en permanence. Nous devons abandonner ce système immédiatement et devons aller chercher l’indien dans sa cachette, pour le soumettre ou l’expulser…”.

Les atrocités perpétrées par l’armée du général Roca, qui sera Président de la République en 1880, caractérisent tristement cette entreprise connue sous le nom de Campagne du Désert (1878 – 1885) : l’offensive finale d’une armée ultra équipée qui, par de destructions et d’exécutions massives, ‘récupérât’ l’immense territoire de la Patagonie, déracinât un Peuple entier et, avec lui, son droit à exister.

La Campagne du ’Désert’ fut financée par l’oligarchie de Buenos Aires, qui acheta d’avance ce qu’avait toujours été un territoire libre. Les estancieros bonaerenses (membres de la Sociedad Rural) achetèrent à l’Etat 10 millions d’hectares avant la conquête. La terre “excédante” fut attribuée dans les enchères de Londres et de Paris en 1882. À la fin de la Campagne, la pampa de la Patagonie appartenait à 344 propriétaires, dont de nombreux britanniques, une moyenne de 31.596 hectares chacun.

À cette époque, le débat politique en Argentine était imprégné des théories évolutionnistes de Darwin, ou plutôt d’un certain darwinisme social qui, par l’ampliation du concept de sélection naturelle, justifiait la disparition des « races inférieures et plus faibles », présentée comme la conséquence « inéluctable de l’avancée du progrès et de la civilisation des plus forts ».

On dit que l’Argentine est un pays sans mémoire, en réalité c’est un pays qui a été fondé sur la négation de la mémoire, la rendant tabou. Ce mur de l’oubli émergé si violemment après la conquête de la Patagonie a contraint les Mapuche à nier leur propre identité pour survivre.

Ainsi, on leur a volée une autre dimension humaine fondamentale : la fierté. La fierté capable de renverser le sentiment de honte avec lequel les représentants du “progrès” les ont suffoqués et auquel beaucoup de Mapuche ont cédé, finissant par y croire.

Toutefois aujourd’hui, en Amérique Latine, le réveil indigène s’affirme. Les peuples autochtones basent leur lutte sur l’affirmation de leur identité et de leur culture. Tout comme les Mapuche, ils demandent à êtres traités en tant que sujets politiques et non pas comme une réserve de voix que les partis traditionnels peuvent acheter à travers le désormais classique “clientélisme de l’assistanat”.

- En 1994, avec l’adoption de la Convention 169 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) relative aux Peuples Indigènes et Tribaux, l’Etat argentin s’est engagé internationalement reconnaissant constitutionnellement “la préexistence ethnique et culturelle des peuples indigènes d’Argentine” ainsi que "le droit ancestral des peuples originaires à la terre" et “le caractère pluriculturel et multiethnique de sa société”.

- Aujourd’hui les Mapuche visent à transformer ces mots écrits en réalité et ne demandent que le respect de la Constitution de la part de l’Etat Argentin. En 2006, pour la première fois en Patagonie, un juge de la province de Rio Negro a dicté une sentence qui reconnaît aux autochtones le “droit ancestral” à la terre, ce qui remet en question deux siècles de jurisprudence britannique et de croyances bien ancrées dans l’inconscient des argentins.

- Le 14 septembre 2007, après avoir attendu 22 ans, l’Assemblé Générale des Nations Unis (ONU) à New York a approuvé la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes avec une nette majorité. 143 nations à faveur, 11 abstenus et 4 contraires : Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Etats-Unis. Un document qui concerne 370 millions de personnes et répond à des questions historiques fondamentales des communautés autochtones du monde : le droit à "l’autonomie ou autogouvernement", le contrôle et la possession collective de son propre territoire et des ressources naturelles, et la préservation de sa propre culture et traditions.

Note de l’auteur Transmettre à travers l’oralité, restant ancré dans le temps présent qui se renouvelle et se transforme à chaque instant, ou transmettre à travers l’écriture, risquant, au cours des millénaires, de perdre la clé du véritable sens des mots imprimés, sont deux options qu’il faut comprendre tout d’abord en tant que choix philosophiques éminemment humains. Ces choix concernent la façon dont un peuple, une culture, imagine sa propre projection et sa propre conservation dans le temps et l’espace. À travers l’écriture, ou à travers l’oralité, l’homme peut cultiver son aspiration à la transcendance et au divin. Pour certains, le Livre est sacré, pour d’autres le livre n’existe pas.

Selon la cosmologie Mapuche, l’homme (Che) ne se trouve pas au centre de l’Univers (Wajmapu), mais il fait partie d’un ample réseau formé par d’innombrables formes de vie interdépendantes (animale, végétale, minérale), par des forces et des connaissances diverses. Donc, la liberté de pensée et de décision de l’homme n’est pas orientée vers l’appropriation, la domination ou le contrôle de la Nature, avec l’objectif d’en tirer un bénéfice exclusif, mais vers la recherche de relations d’égalité et d’interdépendance qui respectent l’équilibre avec la Nature. Ainsi, cet équilibre est compris comme une dimension sociale, culturelle et sacrée par les Mapuche.

Pour nous, occidentaux (dépositaires de la culture judéo-chrétienne), l’homme est une forme évoluée et supérieure, placée au centre de la création pour disposer de toutes les autres formes de vie. Ainsi, notre civilisation moderne s’est auto persuadée que, dans de nombreux domaines, il faut une croissance constante et illimitée : notre civilisation doit se propager ; notre population ne peut que croître ; nos économies doivent s’expandre ; la technologie doit proliférer et conquérir de nouveaux territoires. Dans tous les cas nous avons décidé qu’une réduction signifierait le désastre.

Et pourtant, davantage d’expansion et une croissance constante signifient déjà un désastre. La mythologie du progrès à tout prix a indéniablement atteint ses limites. Une question émerge donc : sommes-nous prêts à soutenir, dans la pratique, que les deux visions, celle des Peuples Indigènes, celle des Mapuche et la nôtre, sont importantes et doivent pouvoir cohabiter sur cette planète ?

Articles du site CALPA sur les luttes des peuples autochtones :

- Solidarité des travailleurs de Zanon avec la lutte des Mapuches

- La nouvelle conquête du désert : Destruction de la forêt impénétrable du Chaco pour produire le soja transgénique sur une terre occupée par des milliers de Tobas

- Halte à la politique minière destructrice, danger pour la cordillère des Andes !

- Le Dakar 2009 : Dénonciation par les populations et les universitaires argentins

- Assassinat d’un militant TOBA dans un commissariat du Chaco

- La question Indienne : Mouvement pour débaptiser la rue de San Francisco portant le nom de Roca, général génocidaire des peuples autochtones

Source : http://www.calpa-paris.org/spip.php?article39...

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/9669

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