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jeudi 10 décembre 2020 à 18h30

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Reporté

Ce rendez-vous est reporté au 14 janvier.
Voir ici: https://paris.demosphere.net/rv/75546


Fédérer le peuple

de quel(s) projet(s) politique ce mot d'ordre peut-il être le nom ?

Mardis de l'insoumission, dernière !

Avec le philosophe, Gérard Bras, auteur de Les voies du peuple, éléments d'une histoire conceptuelle, 2018.

Mise en avant politiquement en France lors de la campagne présidentielle dans laquelle Jean-Luc Mélenchon s'engagea dès février 2016, ce « slogan » politique a été porteur d'un élan. Il a aussi été enjeux de polémiques récurrentes durant la campagne présidentielle comme après le succès relatif dont semblait témoigner le score obtenu au soir du premier tour.

Ce slogan - objectif assumait clairement une volonté de dépassement du clivage traditionnel droite - gauche et la construction d'une nouvelle « latéralisation » du champ politique.

L'épuisement du clivage droite - gauche a en effet tourné à un véritable effondrement dans l'enchaînement des quinquennats Sarkozy (2007-2012) et Hollande (2012-2017), avec notamment des séquences sur la question du travail puis sur l'état d'urgence, qui ont sans doute fait sauter ce qui semblait être les derniers piliers (ou constantes) d'un tel clivage.

Le slogan « Fédérer le peuple » autour d'un projet d' « Avenir en commun » a pourtant été différemment perçu dans ce qu'il restait des droites et des gauches sur l'échiquier politique : pour les uns, il indiquerait une identité de stratégie populiste avec l'extrême droite (et donc un projet suspect) ; pour les autres, il constituerait une remise en cause « libérale » des médiations structurant le « peuple » dans des champs, le social et le politique, eux-mêmes distincts.

En fait de construction, il y aura eu sans doute eu beaucoup de « bricolages », comme toujours dans une dynamique électorale où les enjeux de communication sont devenus si décisifs.

L'analyse à l'origine de ce choix stratégique identifiait une nouvelle opposition « eux » / « nous » qui se manifesterait par la domination d'une minorité oligarchique sur la masse du « peuple ». La définition même de ce « peuple » était elle même débattue et incertaine.

S'il n'était plus défini strictement en termes de classe, il était pour certain.e.s inspiratrices / inspirateurs de cette stratégie le produit d'une construction essentiellement discursive lui permettant de se penser comme nouvel « acteur politique ». Pour Jean-Luc Mélenchon, la « nouvelle ère du peuple », qui s'ouvrait alors, renvoyait à un peuple pensé également comme une « réalité physique » nouvelle, la masse de la « population urbaine interdépendante » (Jean-Luc Mélenchon) dont l'existence même serait menacée par l'exploitation et la prédation de l'« écosystème ».

Alors que l'élan de cette nouvelle offre politique semble retombé, alors que la paternité de cet élan a parfois été présenté (souvent a posteriori) comme inspirée des théories des philosophes argentin et belge Laclau et Mouffe (leur ouvrage Hégémonie et stratégie socialiste vient d'être réédité), il nous a semblé intéressant de revenir sur ce sujet pour clore le cycle des Mardis de l'insoumission inauguré à l'automne 2017.

Nous vous proposons de faire ce retour réflexif dans le cadre d'un débat citoyen autour de et avec le philosophe Gérard Bras auteur d'un voyage intellectuel et d'une réflexion autant théorique que politique sur la notion de peuple (Les voies du peuple, éléments d'une histoire conceptuelle, 2018).

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Lien : https://paris.demosphere.net/rv/75053
Source : https://groupedhistoiresociale.com/
Source : message reçu le 26 novembre 11h
Source : message reçu le 30 novembre 10h
Source : message reçu le 1 décembre 14h