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dimanche 8 décembre 2019 à 14h

Heure et lieu à confirmer.

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Marche des mamans

Le 8 décembre, nous marcherons pour la justice et la dignité !

Le 6 décembre 2018, nous nous rappelons de ces images terribles, 151 enfants mis à genoux par les forces de l'ordre à Mantes-la-Jolie, et la voix de l'un des fonctionnaires de police "Voilà une classe qui se tient sage". Nous étions en plein mouvement lycéen, au moment où les Gilets jaunes prenaient leur essor. C'était un moment inouï, qui allait ouvrir un nouveau cycle de lutte, dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui : au même moment se soulevaient les oublié•e•s de tous bords, lycée•ne•s des quartiers populaires (pas seulement à Mantes) d'un côté et, côté Gilets jaunes, travailleurs, travailleuses et précaires qui ne se trouvaient représenté•e•s par aucune structure politique ou syndicale. Le pouvoir a su qu'il assistait à un tournant, et il s'est vengé. C'est ce qui a valu ce traitement odieux infligé à des enfants, traumatique pour beaucoup, dont la symbolique lugubre annonçait les outrances à venir du maintien de l'ordre et la mutilation systématique des manifestant•e•s qui affluaient de samedi en samedi.

Nous, syndicats, associations, partis, organisations politiques, nous répondons à l'appel des familles des lycée•ne•s de Mantes-la-Jolie à venir marcher au départ de Barbès le 8 décembre à leurs côtés. Parce que nous discernons trop bien, derrière l'humiliation, le rabaissement et le supplice infligé, non seulement l'injustice qui frappe les quartiers populaires au quotidien, qu'il faut continuer à combattre, mais aussi le signe d'une dérive autoritaire, ininterrompue et grandissante.

Nous, qui sommes investi•e•s dans des luttes syndicales, pour le climat, féministes, contre le néolibéralisme et la finance, nous voyons chaque jour la démocratie reculer, le droit de manifester remis en cause, l'incarcération des miliant•e•s et des manifestant•e•s se banaliser. S'opposer à cette escalade autoritaire, c'est commencer par se joindre aux victimes, à celles et ceux qui réclament des comptes à l'État.

Nous marcherons le 8 décembre, au départ de Barbès, contre l'autoritarisme, le racisme, pour la démocratie et la dignité

https://www.republica.com/wp-content/uploads/2018/12/Portapapeles01-1.jpg

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/72617
Source : message reçu sur ensemble-faldi le 21 octobre 16h


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Marche des

mamans de Mantes-la-Jolie pour la justice et la dignité

Jeunes agenouillés - police

Collectif de Défense des Jeunes du Mantois

151. Ils étaient 151 enfants, agenouillés et mains sur la tête pendant plusieurs heures, victimes d'une violence policière inouïe, ce 6 décembre 2018 à Mantes-La-Jolie. Aujourd'hui, 151 mamans, femmes de Mantes-la-Jolie et du Mantois se dressent contre l'arbitraire policier et pour "l'amour de leurs enfants. Elles appellent à une marche nationale le 8 décembre prochain à Paris.

« Nous sommes en guerre ! »

Le Président François Hollande ne croyait pas si bien dire lorsqu'il prononçait ces mots au lendemain des terribles attentats du Bataclan qui ont ensanglanté Paris en novembre 2015.

Il omettait simplement de dire que de cette guerre, il en était l'un des principaux instigateurs, lui et tous les gouvernements de gauche ou de droite qui l'ont précédé.

Oui, ils sont en guerre.

Ils sont en guerre tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de nos frontières.

Ils sont en guerre contre les banlieues ségréguées et contre les cités d'immigration.

N'ont-ils pas instauré l'Etat d'urgence pendant les émeutes de 2005 puis après les attentats de 2015 ciblant tout particulièrement les Musulmans, coupables idéaux d'un terrorisme qui trouve ses causes dans le désordre d'un monde qu'ils fabriquent eux-mêmes.

Ils sont en guerre contre la jeunesse des quartiers. Ne laissent-ils pas se perpétuer les crimes policiers en abandonnant les familles endeuillées à leur désarroi ?

Ils sont en guerre contre nos enfants. Ne les ont-ils pas humiliés lors de la répression brutale dont ils ont été victimes à Mantes-la-Jolie lors des mobilisations lycéennes de l'automne 2018 enfonçant dans leur cœur un sentiment hélas trop partagé : Ils ne sont pas légitimes dans ce pays à cause de leurs origines sociales mais aussi parce qu'ils sont Africains, Maghrébins, Rroms, Turques, Musulmans…

Ils sont en guerre contre les sans-papiers. Ne les ont-ils pas chassés violemment de l'église Saint Bernard en 1995 et du Panthéon cet été ?

Ils sont en guerre contre les migrants. Ne multiplient-ils pas les entraves à la libre circulation à l'encontre de ce qu'exige la convention des droits de l'homme ? Les conséquences dramatiques, nous les connaissons : la Méditerranée est devenue un véritable cimetière marin pour ces nouveaux damnés de la terre.

Ils sont en guerre contre le mouvement social et contre le mouvement syndical. N'ont-ils pas réprimé brutalement les mobilisations contre la loi Travail ?

Ils sont en guerre contre les classes subalternes. N'ont-ils pas usé sans vergogne d'armes soi-disant non létales mais qui ont tué Mme Rédouane à Marseille, Steve Maia Caniço à Nantes, éborgné, blessé des centaines de gilets jaunes manifestant à juste titre pour plus de justice sociale ?

Ils sont en guerre contre les militants politiques. La justice et la police ne s'acharnent-elles pas contre des militants antifascistes pendant qu'elles ferment les yeux sur les agissements de groupuscules ouvertement fascistes ?

Ils sont en guerre contre les actuelles colonies françaises (Dom-Tom) comme ils sont en guerre contre leurs anciennes colonies. L'armée française n'est-elle pas déployée dans de nombreux pays d'Afrique soi-disant pour faire la « guerre au terrorisme » alors que les véritables enjeux sont les profits des multinationales françaises ? La France ne soutient-elle pas directement ou indirectement - et depuis le début - le colonialisme israélien participant ainsi à l'oppression du peuple palestinien ?

OUI, ils sont en guerre ! En guerre contre tout ce qui résiste et conteste l'ordre raciste et néolibéral qu'ils veulent nous imposer par la force.

Hollande et ses prédécesseurs ont déclaré cette guerre tous azimuts, Macron la perpétue. Leur guerre est antisociale, elle est raciste, elle est impérialiste.

Nous, mamans des cités, mamans des quartiers, mamans des enfants agenouillés de Mantes-La-Jolie, nous n'acceptons plus cet état d'injustice permanent. Nous ne souhaitons qu'une seule chose : la Paix.

Mais nous avons une conviction : aucune paix ne pourra s'instaurer durablement sans le respect de notre dignité à tous et sans un minimum de justice que nous sommes de plus en plus nombreux à réclamer à corps et à cris.

Aujourd'hui, nous sommes inquiètes de savoir que nos enfants ne sont plus protégés.

Aujourd'hui, nous sommes en colère et nous sentons humiliées par le mépris de la justice.

Mais surtout, nous ne sommes pas naïves. Nous entrons dans une période électorale et nous savons que les divers candidats aux municipales qu'ils soient de gauche ou de droite viendront chercher nos voix pour gagner des mairies. Nous refusons d'être un simple réservoir de voix. Nous le disons haut et fort et le proclamerons tout le temps des municipales : Pas une voix pour les candidats qui ne soutiendront pas notre combat.

Aujourd'hui, nous sommes mobilisées plus que jamais pour nous faire entendre tant à l'échelle locale qu'à l'échelle nationale.

  • Nous exigeons de Brigitte Julien, cheffe de l'IGPN et de Catherine Denis, procureure de Nanterre qu'elles rouvrent l'enquête : 151 lycéens interpellés sont autant de victimes que de témoins. Seuls 4 d'entre eux ont été auditionnés. Nous exigeons que tous nos enfants soient entendus.
  • Nous disons STOP au traitement d'exception réservé à nos enfants, discriminés dès leur plus jeune âge sur le chemin de l'école ou aux abords de celle-ci. Nous n'acceptons plus que leur droit à l'insouciance de l'enfance soit bafoué. L'école ghetto, on n'en veut plus !
  • Nous disons STOP aux contrôles au faciès, aux palpations, aux atteintes constantes à l'intégrité physique des enfants de banlieues.
  • Nous disons STOP à l'Etat policier omniprésent dans nos quartiers en lieu et place de l'Etat social.
  • Nous disons STOP aux violences policières qui s'étendent au delà de nos cités et touchent aujourd'hui le mouvement social en général, les Gilets Jaunes en particulier, et quiconque ose opposer sa résistance face à ceux qui nous gouvernent.

Pour l'amour de nos enfants et pour donner de l'ampleur à ces revendications, nous appelons à une grande marche pour la justice et la dignité le 8 décembre 2019 à Paris, Barbès.

Nous appelons tous les comités Police/Justice, toutes les organisations antiracistes, les comités de blessés, les gilets jaunes, les syndicats et les partis à nous rejoindre pour réclamer avec nous « Justice pour nos enfants ».

Si collectivement, nous ne sommes pas capables d'obtenir justice pour les enfants des quartiers les plus défavorisés de France, alors que les « évènements de Mantes » ont dévoilé un flagrant délit policier aux yeux de la terre entière, si notre jeunesse est abandonnée, il ne sera plus permis à personne de rêver à un monde meilleur.

Tous à Barbès le 8 décembre prochain !

Premiers signataires:

Koumba KAMARA, Soad DAHOUMANE, Myriam AYAD, Hanane AMRI, Rachida SRITI, Nassera SELAKI, Fadila SAFI, Diénaba DIAW, Yessa BELKHODJA, Salka SBAIA EL MADI, Nadia TAOUZA, Malika ABDELLAOUI, Sonia MEBARKA, Nurcan PALA, Fatima HOCINE, Nadia ECHAFKI, Anissa SEMMANI, Yamina LAMANE, Nahaima DEMINE, Sandra KHADIR, Malika AÏT M'BAREK, Khadija ABDIMI, Aminata LY, Saliha OUICI, Kalida TSOULI, Bahija TURPIN, Cindy LOUBIÉRE, Bariza LARAIBIA, Aissata KAMARA, Nadia BICHBICHE, Hanane ELBANOUDI, Hakima EL AZRAK, Sara VIEIRA, Lamia GUENA, Priscilla ABBOU, Houleye BA, Karima BESSADI, Fatima ROUX, Yasmina BERBRA, Anna KHADDOUM, Fatima OUARTANI, Lydie BORGES, Habiba AJAL, Nora TRAVERS, Zohra ZABILI, Meriem LEMDJADI, Yasmina CHOUKOUD, Chirine EL HANNOUNI, Cyrille HAMON, Nawal DAHOUMANE, Poulo SY, Yasmina AÏT TAAMOUTE, Naoual IDIR, Nadine BELGROUM, Nacera BEKKALI, Amel BOUJAOUD, Samira AÏT ZALLADNE, Khadija ADILE, Marnia KENZI, Rabia AKEB, Yasmina SRITI, Mina OUMOHAMMED, Salima SALI, Fatiha DERBAH, Hawa KEBE, Imen KHERRIDINE, Naïma FEREY, Amina BENHAMMOU, Dominique VARVARAIS, Isabelle KHIEV, Smahain ENNMOURI, Safia BOUTELDJA, Mounia SRITI, Karima BAMOU, Fatimatou HMAIDOUCHE, Nesrine OTTE, Siham AISSANI, Laila ALLAS, Malika IDBELLA, Mounia JAIIDBI, Hadji WELLE, Isabelle MARCHAND, Meryam AÏT OUMANE, Rachida LOUKIL, Bouchera ES-SAIYDY, Leila IDBELLA, Najia LAHBIB, Khadija BERKANI, Zahia MOKHTARI, Habita HANNANE, Malika BAKOUCHE, Nadia AÏT HADOU, Leila MOUSTAGE, Rachida MINOUNI, Vanessa DAOUDI, Dienaba CAMARA, Clarisse AMRI, Fatima BEN ROMAR, Amel EL JOUFI, Zhor FIRAR, Gwendolyne GHAMZAOUI, Mettou MOKRI, Khadija AMRI, Amel ABOU AAMER, Mariame DIALLO, Nadia AMRI, Amel GHAMZAOUI, Zaina AÏT ENNAJAR, Hasna BOUDALIL, Mariame MBAYE, Fatiha ZEKALMI, Jamila SRITI, Fatima ACHELHI, Imane YAHYAOUI, Nassera SAAD, Zakia YOUSFI, Fatimata SOCK, ATTABANNI Malika, Amitis MESSDAGHI, Karima SAFROUNI, Rachida El FLICI, Khadija NDIAYE, Fatima LALOUCHE, Sabrina ZAGI, Apsatou CAMARA, Hafida RAYEH,
Isilda TEXEIRA, Binta GAYE, Orquilla BELKENICHE, Saadia BAGADJ, Elodie MARÉVAL, Safae CHAKIR, Fatima ChEIKH, Amel ZEKALMI, Ake LUFUMA, Elodie ROBACHE, Nacera AIT ABDALLAH, Samira TANTAR, Lolita AMRI, Naouel TANTAR, Joudia DAOUDI, Inés TAOUZA, Nehla DJÉRIDI, Linda HAMOUDA BOUDJARANE, Jamila JBARI,Dieyla KA, Anissa LOURGAHI, Bouchra LAMRHARI, Amaria JELALI, Assia ZEKALMI, Ikram CHOUKRI

Pour nous écrire : cdefexensejeunexesdumantexois@gmaiexl.com

https://www.facebook.com/Collectif-de-Défense…

lien pour la pétition : https://www.change.org/p/marche-des-mamans-de…

Source : https://www.facebook.com/permalink.php?story_…p?story_…
Source: https://www.facebook.com/events/3795502763237…


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Nous ne serons pas les

boucs émissaires du gouvernement Macron

Communiqué du Collectif Mamans toutes égales.

Non aux discriminations, l'islamophobie est un racisme.

Une fois de plus, le principe de laïcité est totalement dévoyé afin de stigmatiser les mamans portant le foulard et les musulmanes et musulmans en général.

Le dernier évènement est l'agression odieuse d'une maman par un élu d'extrême droite en plein Conseil Régional. Ce qui nous donne néanmoins l'occasion de découvrir avec perplexité le féminisme de dernière minute de Blanquer, pour qui « le voile n'est pas souhaitable » car ce n'est pas « sa vision de l'émancipation de la femme". Malheureusement ce féminisme de façade est depuis trop longtemps l'argument-prétexte d'hommes et de femmes pour déverser leur haine islamophobe et raciste.

Rappelons que l'article 1er de la loi de 1905 assure la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. Il s'agit de protéger les citoyennes et les citoyens contre toute discrimination. Les libertés de conscience et de pratique supposent la liberté d'expression. La loi ne renvoie certainement pas la pratique religieuse au domaine de l'intime et ne demande pas à ce que nous soyons toutes et tous des clones, habillé.e.s et pensant de la même manière.

L'article 2 précise que c'est l'État qui est neutre, et donc ses représentants également. L'espace public n'est pas concerné. En 2013, le Conseil d'État réaffirme clairement que les parents participant aux sorties scolaires ne sont pas soumis au devoir de neutralité. Enfin la Convention européenne des droits de l'homme garantit la liberté de conscience, de pensée et de religion.

Au-delà du droit, qui est clair dans la lettre et dans l'esprit, la stigmatisation des musulmanes et des musulmans est un sujet politique qui pourrit le débat public depuis plus de trente ans : elles et ils sont les boucs émissaires qui visent à détourner des vraies questions, sociales et politiques.

Cet été, Macron, en difficulté face au mouvement des gilets jaunes, a choisi de relancer le « débat » sur l'immigration dans cette optique. Il apporte sa pierre à l'édifice de décennies de discours anti-immigration et antimusulmans, qui imprègnent aujourd'hui l'ensemble du champ politique et médiatique.

Les discours de haine de l'autre ont maintenant droit de cité, sous couvert de défendre une identité française immuable et totalement fantasmée.

La réalité des chiffres et des phénomènes, pourtant très étudiés par les démographes, sociologues et autres politologues, n'a plus aucune importance. Seules comptent la manipulation et la désinformation. A l'instar des conditions d'accueil, ou plutôt de non-accueil des migrants en France, laissés à la rue, harcelés par la police, et sans aucune aide ou revenus, les politiques voudraient nous faire croire qu'on les accueille trop bien et qu'on encourage « l'appel d'air ».
Les musulmanes et les musulmans seraient des millions, organisés pour « grand remplacer » la population 100 % française et ne seraient pas capables de s'intégrer, voulant imposer la charia au pays des lumières.

Aujourd'hui, et le mouvement des gilets jaunes en est une preuve éclatante, la France souffre de la précarité, du chômage de masse, de misère, des politiques des gouvernements successifs qui ont orchestré la casse des services publics (on pense notamment à l'école, à l'hôpital, à l'enseignement supérieur), la destruction de notre système de retraites. Et que fait le pouvoir ? Il provoque un débat sur le voile !

Nous qui vivons dans les quartiers populaires, vivons au jour le jour depuis des années les violences policières et les discriminations de tous ordres. La casse des services publics nous impacte en premier lieu. Et le problème ce sont les « mamans voilées » qui accompagnent des enfants au parc ou au musée ?

Non, le problème ce sont les violences policières qui éclatent au grand jour depuis une année, malgré l'impunité dont bénéficient les forces de l'ordre. Où est la justice sociale dans ce pays, quand c'est Assa Traoré, qui demande justice et vérité pour la mort de son frère Adama, mort dans une gendarmerie il y a trois ans, qui se retrouve convoquée par la police sous des prétextes scandaleux.

Où est la justice lorsque l'IGPN déclare qu'il n'y a pas de problème à ce que 151 enfants de Mantes-la-Jolie aient été mis à genoux et humiliés pendant plusieurs heures par la police ? Ces images ont fait le tour du monde et sont la honte de notre pays. Comment se fait-il que dans le climat de fascisation de la société et des esprits, ce soient des militants antifascistes comme Antonin Bernanos qui soient en détention pendant des mois pour une pseudo-affaire de bagarre de rue, alors qu'on déroule le tapis rouge médiatique pour des gens comme Zemmour ? Jusqu'où va-t-on aller dans un ultra-libéralisme économique qui détruit nos vies et notre planète ? Et le problème serait un morceau de tissu sur la tête de certaines femmes ?

Les femmes musulmanes n'ont pas besoin d'être libérées, ou éduquées, elles sont capables de faire leurs choix. Le port du foulard n'est pas univoque, elles peuvent choisir de le porter ou de ne pas le porter pour diverses raisons, qui ne regardent qu'elles, et n'ont pas à se justifier de leurs choix. Les féministes se sont-elles battues pour que nous soyons toutes obligées de porter une jupe courte ou pour que nous soyons toutes libres de nos corps et de nos choix vestimentaires ?

Ce processus de déshumanisation de celles d'entre nous qui portent le foulard est total, puisque personne ou presque ne s'interroge sur ce qu'elles ressentent, ce que vivent leurs enfants qui sont traumatisés par le traitement infligé à leurs mamans, le tout dans une école qui ensuite leur dispensera le catéchisme républicain « liberté, égalité, fraternité », et le décalage total entre ce discours qu'on leur sert et ce qu'ils observent chaque jour.

De quelle force et de quelle dignité doivent faire preuve ces mères de famille pour tenir le coup, pour leurs enfants.

Nous appelons la gauche politique, syndicale et sociale ainsi que certaines féministes à faire leur introspection, car ils et elles ont participé, par leurs propos contre les femmes qui portent le foulard notamment, à faire le lit de ce climat nauséabond que plus personne ne peut nier.

Nous appelons au réveil des consciences individuelles mais aussi à un réveil politique collectif. Des heures sombres nous reviennent en mémoire quand nous voyons les images des jeunes de Mantes agenouillés, des appels à la délation de la part des plus hautes instances de l'État, de certains présidents d'université et des médias qui débattent sur la signification de la barbe.

Les musulmanes et les musulmans, et singulièrement les mamans qui portent le foulard, subissent de plein fouet cette violence, dans la rue, sur leur lieu de travail, à l'école, dans les médias.

Au lieu de regarder ce que pointe le doigt inquisiteur, laïcard et nationaliste, qui pointe l'autre, le différent, l'étranger, regardons plutôt qui pointe ce doigt, ce gouvernement et cette classe politique qui précarisent et des médias qui relaient complaisamment.

Cela sape les bases du vivre ensemble, pour le bénéfice d'un système économique au service de quelques-uns.

Non, l'ennemi n'est pas le musulman, le migrant !!!

Nous nous joignons à l'appel des mamans du Mantois qui appellent à un grand rassemblement contre l'islamophobie samedi 19 octobre à 14 heures à République.

Nous marcherons également derrière elles et leurs enfants, pour la justice et la dignité, le 8 décembre à 14 heures au départ de Barbès.

Source : http://www.ujfp.org/spip.php?article7434