thème : répression
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jeudi 28 mars 2019 à 17h

Rassemblement « Les mort.e.s de la prison #11 »

Tous les deux jours, une personne meurt en détention. Le collectif « Les mort.e.s de la prison » organise pour la onzième année consécutive un hommage à ces femmes et à ces hommes décédé.e.s en prison dans le plus grand des silences.

Pour l'année 2018, le constat est violent : au 24 septembre 2018*, on comptait 86 suicides, 48 décès de cause naturelle et 17 morts suspectes. Ces chiffres ne peuvent bien sûr pas être dissociés des conditions de détention - la surpopulation importante dans les maisons d'arrêt, les conditions matérielles souvent indignes, l'oisiveté subie, certaines personnes pouvant rester enfermées 22h sur 24 en cellule, l'isolement affectif. Et l'augmentation du nombre de personnes incarcérées observée en 2018 (le nombre record de 71 061 a été atteint en décembre 2018) ne laisse pas espérer une amélioration de la situation.

!! Chaque année, environ 250 à 300 personnes décèdent en prison, dont une centaine de personnes par suicide. Au cours de l'année 2018, le collectif a pu recenser la situation de 106 personnes décédées en prison, ce recensement étant loin d'être exhaustif. !!

La prison est un lieu de souffrance, de lutte contre la maladie, qu'elle soit somatique et/ou psychiatrique, un lieu de mort enfin. Le collectif « Les mort.e.s de la prison » veut favoriser la prise de conscience de ces réalités méconnues et sous-estimées.

Nous déplorons d'avoir, encore, à faire le constat que des personnes meurent en prison, comme dans les Centres de Rétention Administrative - des prisons pour personnes étrangères illégalisées, qui ne disent pas leur nom. Nous déplorons que la mort de personnes incarcérées fasse si peu l'objet de débats sociétaux, et qu'à la dépersonnalisation réponde l'oubli. Nous déplorons qu'une réforme pénale de grande ampleur ait été entreprise sans que la question des suicides et des morts en détention n'ait été traitée sérieusement. Nous déplorons que, plutôt que de chercher à lutter contre le mal-être en détention, l'administration se contente souvent de renforcer la surveillance des détenu.e.s suicidaires. Nous déplorons qu'à un besoin de soin et de soutien psychologique ne soient opposées que des politiques utilitaristes, chiffrées, dématérialisées.

Chaque année, le collectif souhaite donner une identité et une matérialité symbolique à ces victimes de la détention. Un rassemblement se tiendra place Stalingrad à Paris le jeudi 28 mars à 17h, au cours duquel une lecture de leur prénom, âge, et cause de décès sera faite, accompagnée d'interventions de témoins et de lectures de témoignages.

*Les chiffres définitifs pour 2018 n'ont pas encore été communiqués par l'administration pénitentiaire.

Signataires:

Membres du collectif :
La Cimade, Le Secours Catholique, La Farapej, Le Genepi, L'Observatoire international des prisons, Les Petits Frères des Pauvres
En soutien :
Association David et Jonathan, Collectif Les morts de la rue

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/68614
Source : https://www.facebook.com/events/2308283516082…
Source : message reçu le 14 mars 11h

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