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lundi 30 avril 2018 à 19h

2 parties : 1 2

… Comme une révolution - Rencontrons-nous !

Interventions et Banquet (auberge espagnole)

Le gouvernement mise sur l'hypothèse d'une victoire par écrasement, foyer après foyer, de tout ce qui se dresse. Il entend verrouiller l'horizon comme il nasse un 1er Mai. Il pousse l'abus jusqu'à s'approprier ce mot « révolution » pour nommer sa gestion de l'apocalypse promise. Il s'agit de produire un effet d'étouffement, avec et sans gaz. De renvoyer à la barbarie, à l'anomalie, à la « violence », ce qui ne se soumettra pas, ce qui trace sa route, ce qui s'éprouve de rage.

Ce qui bouillonne en ce moment sous la surface du social est en excès sur toutes les rhétoriques - politiques, militantes, économiques ou syndicales. Toute révolution commence par la prise des rues, des lieux, de la parole. Par l'expérimentation de nouvelles manières, par l'exploration de ce qui déborde les frontières et pratique d'autres rythmes pour y retrouver le désir.

Dans le mouvement en cours, les lieux dits « culturels », eux qui sont censés donner à sentir d'autres horizons, sont restés curieusement en retrait. Un théâtre qui porte le nom d'un horizon possible, celui de la Commune, s'ouvre ce lundi soir, 30 avril à la veille d'un 1er Mai de manifestation, à la rencontre entre toutes les composantes du mouvement en cours, à la prise de parole de ceux qui n'en sont pas les professionnels.

Il s'agit de se dire la situation qui nous est faite, et comment nous allons la renverser. Comment nous allons ouvrir l'espace d'autres vies. Puisque le gouvernement lui-même, par sa volonté d'affrontement, nous met devant cette alternative : soit lui, soit nous.

A l'initiative d'une multiplicité d'individus et de collectifs qui œuvrent à la connexion des foyers de luttes en cours, le théâtre de La Commune ouvre ses portes vers cet appel :

Rencontrons-nous !

Appel à l'initiative de :

  • Comité d'Initiative IDF
  • Théâtre de l'échangeur
  • Les Laboratoires d'Aubervilliers
  • La Commune d'Aubervilliers - Centre Dramatique National

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/61915
Source : https://www.facebook.com/events/1545857220450…
Source : message reçu le 29 avril 10h


Pour une sensibilisation du milieu culturel aux luttes sociales

À l'initiative d'une multiplicité d'individus et de collectifs qui œuvrent à la connexion des foyers de luttes en cours, plus de deux cents personnalités appellent à faire lutte commune contre « la brutale mise au pas de nos vies par l'entreprise macroniste ». Et appellent à une rencontre dès ce lundi 30 avril, à Aubervilliers.

Nous sommes travailleurs et travailleuses de la culture, technicien.ne.s, intellectuel.le.s, personnels administratifs, écrivain.e.s, éditeurs.ices... Et nous ne pouvons que constater, comme les cheminot.e.s, les postier.e.s, les soignant.e.s, les migrant.e.s, les étudiant.e.s, les lycéen.ne.s... la brutale mise au pas de nos vies par l'entreprise macroniste.

Etre solidaires avec ceux qui luttent, qui résistent, qui manifestent, qui font grève, qui s'exposent aux violences policières c'est partager la même expérience du refus. La brutalité de la police qui s'abat sur tous les mouvements de révolte, dans nos villes, dans les ZAD ou sur les quartiers doit suffire à elle seule à nous mobiliser contre le projet d'un monde où doivent régner la concurrence et l'hostilité généralisée. Le gouvernement et ses soutiens voudraient nous gouverner par la peur.

Depuis des décennies nous subissons le diktat de l'économie, le démantèlement des formes de solidarité que des anciennes luttes avaient permis d'instaurer. Et pourtant ce qui a lieu aujourd'hui est un tournant. Il s'agit d'une véritable blitzkrieg. Nous assistons à une offensive tous azimuts qui veut nous laisser exsangues, nous convertir en êtres méfiants, inquiets, nous plonger dans un état de sidération: des abjectes lois contre les migrants au démantèlement des derniers bastions de résistance syndicale, en passant par la destruction du service public et la normalisation d'une précarité de masse, leur vaste entreprise de management délirant veut en finir avec toute forme d'expérience de partage et de confiance.

Mais puisque c'est l'essence de nos métiers, nous nous inquiétons également de la menace qui pèse sur notre capacité à imaginer collectivement le monde, à penser en dehors des espaces auxquels on veut nous assigner, à nous rencontrer, dans la rue, dans les lieux de culture ou dans les livres. C'est le même bras qui ordonne aujourd'hui la répression, avec des déluges de grenades de désencerclement, de lacrymogènes et de coups de matraque, qui organise la mise au pas de notre capacité d'imagination. C'est le même bras qui cherche à museler la créativité et les expériences de celles et ceux qui s'organisent ici où là pour agir autrement, pour inventer d'autres formes de vie collective, pour préserver le goût de l'hospitalité, pour tenter de rendre présents des horizons de coopération contre la grande compétition qu'ils prétendent inéluctable dans ce temps accéléré de catastrophe écologique.

Parce que nous sommes de ce mouvement qui refuse ce monde que l'on veut nous imposer et qui cherche coûte que coûte à en susciter un autre, nous participerons à ces luttes avec nos moyens. En accueillant celles et ceux qui veulent résister et se rencontrer. En partageant nos expériences et nos affections. En faisant cause commune avec chaque foyer de résistance, pour que le sensible et l'imaginaire prévalent sur leur rationalité. Nous nous opposons au paysage de suspicion, de séparation et de stigmatisation qu'ils dessinent comme le seul monde possible. Parce que faire culture c'est précisément inventer ensemble le monde dans lequel nous voulons vivre, nous serons présents aux côtés de ceux qui luttent, nous les accueillerons comme nôtres, absolument.

Première rencontre à : La Commune - LUNDI 30 AVRIL 2018 à 19h 2, rue Edouard Poisson - Aubervilliers.

Signataires:

Voir: https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invite…

Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invite…
Source : https://tendanceclaire.org/breve.php?id=28050