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dimanche 25 novembre 2012 à 14h30

2 parties : 1 2

Manifestation contre les violences faites aux femmes

Trajet / parcours: départ de Bastille en direction du ministère de la justice.

Le verdict du procès pour viols collectifs de Créteil a soulevé une vague d'indignation : victimes maltraitées et insultées, procédure interminable, classement sans suite antérieur, victimes non protégées habitant toujours dans le même quartier que les agresseurs, acquittements éhontés .

Ce verdict cristallise la façon dont le « pays des droits de l'Homme » prend en compte les violences faites aux femmes.

Car il n'y a pas que le viol où les victimes sont parfois traitées de la sorte. Les femmes victimes d'autres violences peuvent aussi l'être . Et elles le savent puisque seules 10% d'entre elles portent plainte par peur de la justice. Un comble tout de même. Mais une attitude pour le moins réaliste. Ce qui en résulte, c'est que la grande majorité des violences ne sont pas dénoncées en France et que cela est parfaitement su ! Quel bel exemple de tolérance sociale !

Il est temps que ceci cesse !

Le gouvernement va de nouveau légiférer. C'est une bonne chose car les lois sont incomplètes. L'ordonnance de protection, par exemple, ne protège que les victimes de violences conjugales et menacées de mariage forcé. Si elle avait concerné toutes les victimes de violences, les victimes de Créteil auraient pu en bénéficier à partir du moment où elle a été mise en application (1er octobre 2010). Ou alors, un procureur peut encore obliger une femme qui a porté plainte pour violences conjugales à aller, sous l'égide d'un médiateur, se réconcilier avec celui qu'elle accuse. C'est ce qu'on appelle de la médiation pénale. Ou bien la prostitution est la seule violence où l'auteur ne tombe pas sous le coup de la loi et où c'est la victime qui est condamnée pour racolage .

Si l'on s'appuie sur la réalité des violences vécues par les victimes, on se rend compte à quel point les réticences et résistances de nombre de législateurs et de représentants des pouvoirs publics sont le reflet de l'idéologie patriarcale.

C'est pourquoi il faut démontrer une véritable volonté politique.

Il faut légiférer mais en comblant les lacunes parfaitement identifiées des lois précédentes. Et il ne faut laisser de côté aucun « aspect » des violences : éducation, sensibilisation du public, éducation non sexiste, formation des professionnels, social, de santé, de solidarité, d'accompagnement, répressif, judiciaire, institutionnel, de procédure pénale. Bref il faut une loi globale, une loi-cadre.

Il faut en outre s'assurer que ces lois soient appliquées et que les associations féministes qui soutiennent les femmes puissent continuer à travailler.

Et pour tout cela, il faut évidemment de l'argent !!!

Nos revendications :

Parce que les violences ne doivent pas être une fatalité pour les femmes, nous exigeons, comme en Espagne une loi cadre contre les violences faites aux femmes qui donne toute sa cohérence à la législation en vigueur et qui marque un pas décisif.

Elle comprendra notamment :

  • des campagnes d'information, de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics et la mise en place d'une véritable éducation non sexiste à tous les stades de l'éducation nationale ;
  • une formation spécifique et obligatoire, assurée par les associations féministes, en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tous les professionnels concernés ;
  • la possibilité que toutes les femmes en danger de violences soient protégées, de par la loi, et non seulement celles victimes de violences conjugales ou menacées de mariage forcé ; l'ordonnance de protection doit pouvoir bénéficier à toutes ;
  • l'impossibilité de l'emploi de la médiation pénale dans toute affaire de violences conjugales ;
  • en cas de condamnation définitive de l'agresseur, l'obtention systématique dans les plus brefs délais d'une carte de résidente pour les femmes sans papiers victimes de violences conjugales.
  • une carte de résidente pour toute femme demandant l'asile parce que menacée ou victime de violences lesbophobes et/ ou de violences sexistes et/ou de violences sexuelles.
  • pour la mise en œuvre d'une véritable politique abolitionniste, reconnaissant donc la prostitution comme une violence, incluant une vraie réinsertion des personnes prostituées, l'abolition du délit de racolage, et une politique de responsabilisation, pénalisation du client.
  • une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger.
  • la mise en place d'un Observatoire national des violences qui étudie, impulse, évalue les politiques menées

Nous exigeons aussi que des moyens soient dégagés pour permettre un contrôle de l'application des lois sur les violences faites aux femmes. nous exigeons qu'une commission de contrôle multipartite soit mise en place où siègeraient les pouvoirs publics, des représentants des parlementaires et des associations en défense des droits des femmes.

Nous exigeons que les associations féministes conservent les missions de service public auprès des victimes qui leur sont conférées ce qui implique non seulement le maintien des moyens financiers qui leur étaient accordés mais aussi leur augmentation. Il est hors de question que l'État se désengage ! Si des missions de service public sont transférées aux Collectivités territoriales, le budget doit suivre !

En outre, nous exigeons la reconnaissance des viols en situation de conflit armé comme crimes de guerre passibles de poursuite devant la Cour Internationale de La Haye et la fin de l'impunité dont bénéficie l'armée française dans le cas du Rwanda.

La manifestation ira de bastille au ministère de la justice.

Rendez vous le 25 novembre, 14h30.

Premiers signataires :

Collectif national pour les Droits des Femmes ;CADAC; PCF ; LOCs - Lesbiennes Of Color ; APEL-Égalité ; Groupe Nanas du Mantois ; Encore féministes ! ; Les Chiennes de garde ; les éFRONT-é-es ; FSU ; "Femmes Libres" Radio Libertaire ; Femmes solidaires ; Gauche anticapitaliste ; Association droits des femmes XXè, Collectif XXè/Tenon ; Coordination Lesbienne en France ; ANEF ; Parti de Gauche ; Syndicat des ministères des affaires sociales et du travail SMAST - CGT ; Initiative Féministe pour une autre Europe France ; RAJFIRE ; Association Contre le Bizutage ; Osez le féminisme ! ; UNEF ; Femmes en résistance ; Uni(e)s -vers-elles ; Feminisme Enjeux Théâtre de l'Opprimé ; Du côté des femmes 95 ; MJCF ; UEC ; Coordination française pour le Lobby européen des Femmes ; FIT, une femme, un toit ; Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes "Ruptures", Réseau Féministe "Ruptures ; Le Monde à Travers un Regard ; CRIFIP ; Collectif les moutons noirs, Mouvement Jeunes Femmes ; Fédération Nationale Solidarité Femmes ; Marche mondiale des femmes ; CATW Europe ; International Impunity Zero ; Gauche unitaire ; ZéRoMaChO ; Femmes pour le Dire Femmes pour Agir ; Collectif "Fier-e-s & Révolutionnaires"-P.C.F ; Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID ; L'égalité, c'est pas sorcier ; Collectif contre l'impunité des viols au Rwanda, UFs d'Actit, Zine pour les Femmes Kurdes ; AFIC ; Front de Gauche ; Femmes Égalité.

Lien : https://paris.demosphere.net/rv/23515
Source : http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/spip....
Source : message reçu le 13 novembre 19h


25 novembre 2012 : Lutter contre les

violences faites aux femmes dans la vie, comme dans le travail!

CGT

Toutes et tous ensemble, le 25 novembre 2012, « Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes », rappelons qu'à la CGT aussi, nous luttons contre les violences sexistes et sexuelles au travail !

Dénonçons la réalité des violences que vivent les femmes au travail Humiliations, blagues graveleuses, gestes obscènes, attouchements, remarques sur le physique, injures, propos à caractère sexiste et sexuel, revues ou images pornographiques, harcèlement sexuel, exhibition sexuelle, mains aux fesses, viol… Les chiffres (Insee) dont nous disposons datent de 2008 et indiquent que 4,7 % des viols et 25 % des agressions sexuelles, dont sont victimes les femmes se produisent au travail ! Cette violence relève donc bien d'un phénomène social, tant elle est étendue, mais malheureusement encore trop peu dénoncée par les femmes qui, elles-même, ont du mal à se reconnaître comme victimes de violences. Souvent c'est un sentiment de honte et de culpabilité qui entraîne ce silence

La violence envers les femmes est intolérable et inacceptable, c'est la manifestation la plus aiguë des inégalités entre les femmes et les hommes

Les violences subies prennent différentes formes : psychologiques, physiques, verbales, économiques ou sexuelles. Les manifestations sont multiples : discriminations sexistes, violences physiques, harcèlements sexuels, sentiment d'insécurité, insultes, viols, prostitution, représentations dégradantes de l'image des femmes, mutilations génitales féminines, mariages forcés… Certaines femmes subissant plusieurs types de violences.

2,5 millions de femmes seraient victimes de violences conjugales en France soit 9,1 % de la population féminine française. Parmi elles, seules 9 % auraient porté plainte en 2011, et 18 % auraient obtenu un certificat médical. On estime aujourd'hui qu'en France, une femme décède tous les deux jours et demi, victime de violences conjugales. Les violences ont des répercussions sur la santé mentale pour plus de 80 % des victimes : stress, angoisse, dépression, tentatives de suicides, symptômes post-traumatiques... Pour plus de la moitié des femmes, les violences ont des répercussions sur la santé physique, et pour 40 % d'entre-elles, à la fois sur leur santé physique et leur santé mentale.

La violence conjugale se rencontre dans toutes les classes sociales mais touche plus durement encore les femmes les plus fragiles, jeunes ou en situation de précarité économique (étude 2012 de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales).

Une étude récente de l'Insee révèle l'ampleur des manifestations du sexisme :

  • plus d'une femme sur sept a subi des insultes et dans plus de la moitié des cas, les injures utilisées sont à caractères sexistes ; les femmes sont fréquemment invectivées sur leurs manques de compétence. Les femmes ayant au moins un diplôme universitaire sont presque deux fois plus souvent victimes d'injures que les femmes sans diplôme ;
  • plus d'une femme sur vingt a été menacée et, dans la moitié des cas, la menace a été utilisée comme une arme pour contraindre la femme à effectuer quelque chose ;
  • lus d'une femme sur vingt a subi des gestes déplacés. Dans la majorité des cas, la victime connaît l'agresseur et ces gestes se produisent dans un quart des cas sur son lieu de travail ou d'étude !

Contrairement à une idée trop répandue, les violences faites aux femmes ne sont pas qu'un problème d'ordre privé.

Le monde du travail est aussi est un lieu où les femmes sont exposées aux violences sexistes et sexuelles de certains hommes Les violences sexuelles sur le lieu du travail sont une menace sur l'emploi et la carrière : refus d'embauche, détérioration des conditions de travail, notation bloquée, mutation, refus de promotion, mise au « placard », déqualification, licenciement, etc.

Ces violences au travail ont des conséquences importantes sur leur santé, leur travail et leur vie familiale : difficultés rencontrées avec leur mari ou compagnon, les enfants. Elles culpabilisent de ne plus être disponibles pour eux, de pleurer devant eux, de ne plus être attachées à la vie.

L'Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) déclare que 95 % des femmes qui subissent des violences psychologiques ont perdu leur emploi, par licenciement ou démission !

La première violence faite à de nombreuses femmes par les employeurs est financière : les femmes sont moins payées et plus précarisées, elles sont plus au chômage, alors même qu'elles ont un niveau de diplôme souvent supérieur et elles subissent du temps partiel imposé.

Les chiffres nous indiquent la gravité de la situation et des violences multiformes que subissent les femmes dans notre société. Mais ce phénomène social est loin d'être une fatalité ! La CGT porte l'idée qu'une société non sexiste et non violente est possible. Il faut la construire en agissant par la prévention des comportements sexistes et violents à tous les échelons de la société.

La CGT est engagée dans la lutte contre toutes formes de violences faites aux femmes L'accueil et l'accompagnement des victimes dans nos entreprises est essentiel.

Plusieurs lois récentes renforcent les moyens de combattre les discriminations, le sexisme et les violences faites aux femmes : il faut les faire appliquer dans l'entreprise et dans la société. Aller à l'information, se former, exiger des campagnes de prévention, solliciter la médecine du travail, et s'emparer de façon offensive des négociations annuelles obligatoires (NAO), des CHSCT, des négociations sur l'égalité professionnelle. C'est là que le sort des femmes se joue réellement dans l'entreprise et rien ne se fera sans l'intervention des femmes, des hommes et des organisations de la CGT !

Les principales lois ou accords

  • loi du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
  • loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations ; directive du 23 septembre 2002 (charge de la preuve, discrimination indirecte) et par l'ouverture de nouveaux droits (congé de maternité, harcèlements, etc.) ;
  • accord national inter-professionnel du 1er mars 2004 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ; loi du 30 décembre 2004 sur la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité ;
  • loi sur le harcèlement (moral et sexuel) ;
  • loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux conséquences de ces dernières sur les enfants ;
  • loi du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel.

Source : http://www.cgt94.fr/spip.php?article753

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