lundi 28 mars 2011 à 18h30
Café rationaliste avec Angélique del Rey,
À l'école des compétences:
De l'éducation à la fabrique de l'élève performant.
https://paris.demosphere.net/rv/16625
Vous êtes chaleureusement invités à assister à notre second Café rationaliste au Café du Pont Neuf ( Tél. 01 42 33 32 37), où l'on disposera de la même salle au 1er étage moyennant une consommation de son choix au prix forfaitaire de 6 euros.
La formule reste celle de la conférence-débats autour d'un livre en présence de son auteur.
Le premier Café a eu lieu le mercredi 16 février 2011 pour discuter avec Guy Bois, historien, spécialiste de l'économie, à propos de son livre Une nouvelle servitude ; essai sur la mondialisation.
Le second Café s'organise de la même façon.
- L'auteur : Angélique del Rey, professeur de philosophie dans un centre de post-cure pour adolescents.
- Le livre : À l'école des compétences. De l'éducation à la fabrique de l'élève performant. (La Découverte)
L'objet de l'éducation n'est plus d'instruire, d'éduquer, mais de préparer l'enfant à s'insérer dans le monde du travail tel qu'il est. On va donc mesurer la « démocratisation » scolaire à la seule aune de l'employabilité, un concept forgé par les classes dirigeantes anglo-saxonnes. Être "employable " consiste à s'évaluer, à se prendre en main, à agir, ceci dans une démarche totalement individuelle, individualiste.
La notion de compétences est apparue en France à la fin des années 1980, lorsque les socialistes au pouvoir (Jospin, Allègre) redéfinirent les contenus d'enseignement. Cela fut accompli de manière perverse, prétendument de gauche, avec l'idée que « si l'école se préoccupait de développer des compétences au lieu de s'en tenir aux savoirs, sans doute parviendrait-on à combattre l'élitisme des humanités ou l'enseignement scientifique. » Il s'ensuivit un bouleversement méthodologique radical : l'élève devait être « évalué pour mieux apprendre, et non apprendre pour être évalué. »
Pour Angélique del Rey, la notion de compétences « est au croisement de trois processus, dont aucun n'est éducatif en son essence : processus de mesures et d'évaluation des aptitudes (issu notamment de la recherche en psychologie cognitive), processus économico-politique (modélisation de l'éducation comme marchandise), processus de gestion des ressources humaines qui a contaminé l'école dans les années 80 via la formation professionnelle et l'orientation scolaire. » Bernard GENSANE
Revoir sur ces thèmes le colloque 2010 de l'UR « Culture, savoirs et compétences » publié dans le n°176 (4e trimestre 2010) de Raison présente.
Source : message reçu le 16 mars 14h